Paroles de Français
C’est parti! On a disposé les tables de bistro en terrasse de l’ancien plateau news de LCI. Le tenancier du bistro « Un Pernaut sinon rien » se tient debout au milieu de la clientèle où l’on a assis le Président.
On s’accoude. On se plaint. Le Président rassure.
Pas un journaliste pour poser une question. Pas un mec (ou une nana) qui ait travaillé un peu un sujet. On devise de ce qu’on nous a dit à la tévé et sur ses petits (et gros) problèmes.
Un médiateur, le tenancier Pernaut, intervient: « Oui, mais on sait bien que ça ira mieux l’année prochaine », « grâce à l’action du gouvernement », « on prévoit beaucoup moins de destructions d’emploi », « Oui, bon, merci, monsieur le syndicaliste, maintenant, on va passer à M. Bils qui est P-D.G… »
« Laisse, Jean-Pierre. »
Le dialogue in extenso:
M. Le Mennec (salarié syndiqué chez un sous-traitant de Renault) : Les délocalisations, les salaires…
M. Pernaut: M. Le Mennec, M. Le Mennec… M. Le Mennec… M. Le MENNEC !!! On va laisser la parole à M. Bils, P-D.G, c’est important…
M. Sarkozy: Non, je voudrais répondre.
M. Pernaut: Ah? pardon.
M. Sarkozy rassure.
M. Pernaut: M. Bils, vous êtes P-D.G, quelle est votre question?
M. Bils: les banques ne pourraient-elles pas faire leur travail et nous prêter à nouveau…
M. Pernaut: …Pourtant, ça va mieux, hein!
M. Bils: …de l’argent?
Le Président annonce qu’on n’a pas donné d’argent aux banques, qu’on leur a prêté, que ça nous a rapporté des sous, même. Personne ne l’arrête. Pernaut ajoute que ça va mieux, que plein d’entreprises se créent.
Personne ne précise qu’une auto-entreprise qui ouvre, c’est un artisan, un commerçant ou un intermittent qui renonce à ses garanties sociales.
Et on se met à regretter qu’il n’y ait pas foot, après:
Heureusement, Soeur Marie-Thérèse.com (mais pourquoi???) arrive.
Soeur Thérèse va être remisé au placard, ça déborde sec !
Sinon, bonne analyse, M, en direct live en plus !
[...] s’annonçait sans risque. On installe une terrasse sur un plateau de LCI et on sert un Pernaut à Nicolas Sarkozy face à des « vrais » Français (oui, parce qu’Alain Duhamel et [...]