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    « La sodomie, c’était mieux avant ». (Philippe Val, 2005)

    Je suis en colère.

    Longtemps, je me suis endormi avec Guy Carlier. Oui alors on évite la vanne de mon lit qui doit pencher, tout ça… Les chroniques de l’auteur de Melody dans Rien à voir et Le Fou du roi ont accompagné mon sommeil souvent trop paresseux. Je les enregistrait ou les récupérais dans d’obscurs forums (oui, on ne podcastait pas encore en l’an 2000).

    Et puis le 16/9 est arrivé et Carlier est parti à la télévision avec Fogiel et ses chroniques sont devenues de moins en moins inspirées, moins passionnées.

    Un ami me recommandait alors la fidélité au service public, où son camarade Didier Porte avait repris le relai de la chronique humoristique quotidienne. Rien à faire, je ne l’aimais point. Il ne raillait pas les sujets des émissions de Sophie Davant, personne ne me livrait plus les dernières leperseries au point où j’ai fini par regarder Question pour un champion moi-même.

    Carlier est reparti avec Fogiel à la radio. Il a perdu du poids mais n’a jamais retrouvé sa finesse. Il a perdu ses enthousiasme, ses colères d’autrefois jusqu’à affadir encore la matinale d’Europe 1 alors que deux saisons auparavant, Jacques Pradel y capitonnait les derniers auditeurs.

    J’ai écouté Didier Porte. Maille. Force et finesse. J’ai essayé de le retrouver. France Inter l’a podcasté. Je suis devenu accro.

    Depuis trois ans, je me couche chaque soir avec Didier Porte, une chose intime convenons-en, il ne le sait même pas et je suis en colère (rappelez-vous, c’est par cela que je commençais) parce que cette andouille n’a rien trouvé de mieux que chiper le monopole du crime contre les bonnes manières sako-valiennes d’une saillie de « Sarkozy, je t’encule » jetée, si je puis le dire ainsi sans l’étouffer, dans la bouche de Dominique de Villepin.

    « Sarkozy, je t’encule ». Quatre fois. « Sarkozy, je t’encule. Sarkozy, je t’encule. Sarkozy, je t’encule. Sarkozy, je t’encule. » Une proposition d’exercice de diction à l’ancien premier ministre. Et une marque d’affection que n’a pas goûté Philippe Val, directeur de France Inter qui a abandonné ses cours particuliers de bonne manières à l’endroit de Stéphane Guillon pour les consacrer tout à Didier Porte.

    On n’encule pas le Président de la république (qui nomme l’exécutif de tout l’audiovisuel public). Ça pose la question de la limite de l’humour. A la rigueur, un doigt, peut-être. Mais la bite de Porte, ça ne passe pas.

    La blague, c’est que Philippe Val estime le fondement du Président de la république plus étroit que celui d’un ancien ministre de la culture (j’ai dit ancien) en la personne de François Léotard, qu’il sodomisait sans problème sous la plume de Cabu pour l’affiche de son spectacle avec Patrick Font à l’époqie ou Philippe Val avait de l’humour.

    Font et Val

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    Il en faisait même son métier:

    Et je suis en colère parce que j’allais proposer une bavette à Didier Porte sauf que Val vient de lui faire des millions de nouveaux amis qui devraient remplir son agenda pour un bon mois alors que Bruno, en bas, fait enfin un menu.

    4 Responses to “« La sodomie, c’était mieux avant ». (Philippe Val, 2005)”

    1. Pour résumer, les temps changent, mais pas toujours pour mieux… Enfin, même pas souvent !

    2. Jean-Fabien dit :

      « Il a perdu du poids mais n’a jamais retrouvé sa finesse. Il a perdu ses enthousiasme »

      Génial !

    3. Mathieu dit :

      Merci! Je suppose que j’ai puisé une inspiration d’un souvenir.

    4. [...] matin, Didier Porte a reçu une lettre jaune. Signée comme un ultime honneur de la main de Philippe Val lui-même. [...]

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