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    Philippe Douste-Blazy et la Mamounia

    Bon.

    Luc Ferry n’a rien appris de neuf il y a 48 heures sur Canal Plus, mais comme dès qu’il y a un truc qui ressemble à une info dans le Grand journal ça se remarque, profitons-en pour jouer les journalistes, ce qu’on n’a pas eu l’idée de faire chez Michel Denisot.

    Je ne sais pas quel nom Luc Ferry avait en tête avant-hier. Faisant allusion à un article aussi mal renseigné du Figaro la semaine dernière, lui-même sans doute révélant un scoop de l’Express… Il est probable qu’il pense à Jack Lang. Ou alors à quelqu’un d’autre.

    Sauf qu’en fait de scoop, il s’agit d’une rumeur, sans source et avec name-dropping. Et qu’un scoop en 2011 qui reprend une rumeur vide de 2005…

    Et sauf aussi que Christophe Barbier, directeur de la rédaction de l’Express, élimine de la liste de coupables présumés Jack Lang, habitué à ce type de rumeurs aussi persistantes que jamais avérées.

    A la même époque, le Canard enchaîné lançait la même rumeur, mais cette fois-ci, avec un autre nom. Et force détails: le nom de l’hôtel (la Mamounia), de la chambre (312), de l’épouse (productrice télé de son état) qui aurait débarqué en furie, dévastant la chambre (la note est alors estimée par le Canard à 300.000 dinars ou 30.000 euros) avant que le couple ne se soit séparé dans le couloir en petite tenue, madame ayant prié monsieur de dormir ailleurs, ce que l’ancien ministre eût fait, dans la chambre de son garde du corps avec qui il serait reparti aux aurores et sous cortège.

    Le Canard nomme Philippe Douste-Blazy.

    Selon les sources, la note aurait été alors réglée par l’Elysée ou par Mohamed VI.  Philippe Douste-Blazy, lui, affirme dans le Monde en 2006 avoir réglé une note de 2467,33€ avec sa carte bancaire, pour régler les frais d’une dispute ordinaire dans un couple qui n’aurait fait comme victime qu’un cendrier et un peu de peinture, l’hôtel éventuellement pressé par le royaume de nier que celui-ci eût réglé le moindre détail.

    Tout ceci est empreint de beaucoup de conditionnel, n’est-ce pas?

    Il ne s’agit pas d’une précaution juridique mais morale. Parce que si aucun journaliste ne semble plus avoir entendu la rumeur, je suis un lecteur ponctuel du Canard enchaîné et de l’Express. Mais j’ai aussi entendu la même rumeur, concernant le même personnage, quelques années auparavant, dans des cercles politiques.

    La répétition, sans source. Et avec des dates bien fluctuantes.

    Je ne révèle rien, vous avez Google (tapez simplement « Philippe Douste-Blazy M… » et votre ami complète tout seul « …amounia »). J’apporte un éclairage. Parce qu’il y a peut-être plus grave que les actes sous-entendus par Luc Ferry (qui a bien pourri la réputation de la famille, reconnaissons-le), c’est la dénonciation calomnieuse. En l’occurrence pratiquée sans couilles (puisque le nom de l’ancien ministre est bien tenu secret, Ferry invite simplement à aller le chercher soi-même).

    Il n’y a aucun plaignant, aucune preuve. Des témoignages? Ce serait à la police et à la justice d’en trouver. Mais voilà: il n’y a aucun plaignant.

    Sauf peut-être Philippe Douste-Blazy, bientôt.

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