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    Analyse média: comment perdre chaque jour 10%

    septembre 25th, 2010

    Marie-Ange Nardi refuse le régime mais le diktat de l’amincissement frappe tout de même certains sites d’information. Comment le Rewind perd-il 10% de son audience chaque jour?

    Le Rewind, qu’est-ce que c’est?
    Le Rewind est une web chronique vidéo du site d’information générales 20minutes.fr. Apparu il y a bientôt deux ans quelques temps après que le Post.fr inaugure la première quoditienne du ouèbe par votre serviteur, le Rewind était un retour sur actu hebdomadaire (d’où son titre), confié à une jeune blogueur talentueux, Cyprien Iov. 20 minutes avait fait le choix audacieux de confier son image à une personne très jeune, non journaliste et en décalage avec l’image d’un média d’information généraliste. Lol, geek, dynamique, le Rewind ne cherche ni la pertinence ni l’impertinence mais l’ironie en portant son regard sur l’actualité de la pop culture hégémonique du divertissement à la politique que le web a sanctifiée.
    Un choix payant puisque quelques mois après la fin du rendez-vous du Post, le Rewind est à son tour passé en périodicité quotidienne et a accru son audience deux à trois fois au dessus de celle du feu rendez-vous du Post, aux alentours de 30 à 50.000 spectateurs. C’est à dire au top. Le public n’est pas a priori celui de 20 minutes mais le Rewind amène un public à 20 Minutes. 20 Minutes est incarnée. Par quelqu’un en décalage de la Une du titre mais qui a réussi à s’imposer comme un visage complémentaire au flot d’actualité généraliste.

    Mercato
    En mal d’audiences et d’image, la chaîne de TNT Nrj12 a vu là l’occasion de reproduire ce succès sur son antenne. La cible est plus proche du personnage. On ressort un titre « 12 infos », on transforme une copie de JT au rabais en rendez-vous pertinent pour la chaîne, on croit au succès. Certainement à raison. Cyprien Iov qui ne se voyait pas animateur télé dispose d’une grande liberté. C’est certainement la clé pour une éventuelle réussite du programme: le jeune homme apporte son univers, lui seul le maîtrise et il n’est pas un de ces Ken à flanquer d’auteurs. L’univers d’un artiste, ça se respecte.

    Et le Rewind, alors?
    Cyprien Iov n’est pas Laurent Ruquier. Il ressort de ce constat:
    1/ qu’il ne fait pas rire les mêmes personnes à part moi;
    2/ qu’un seul boulot suffit à remplir son agenda.
    Le rendez-vous vidéo aurait pu disparaître… ou se prolonger, comme les producteurs hollywoodiens remplacent le comédien décédé d’une série par un autre pour jouer le même personnage.
    C’est cette option qu’à choisi 20minutes.fr en confiant le Rewind à un ami de Cyprien: Samuel Robbé.  Samuel faisait des podcasts inspirés de son ami (et idole), il est le candidat idéal pour la continuité.

    Objectif
    Sur le papier, tout colle. 20 minutes veut changer la formule de son rendez-vous vidéo a minima c’est à dire en ne changeant que son présentateur par un profil se présentant le plus analogue. Et après une semaine d’essai, objectivement, sur le contenu, le rythme, le montage, le décor, rien à redire. Quatre ou 5 news insolites, autant de moqueries, une intro en faux « off » avec les collègues, une blague de la fin. Rien n’a changé.
    Rien? Si. Les audiences. Cyprien a laissé son Rewind à 90.000 « vues » (médiane annuelle entre 40 et 60.000). Samuel le reprend à 33.000, puis 31, puis 27, puis 24, puis 21… La baisse d’audience est quotidienne, régulière et cherche son plancher.

    Subjectif
    C’est là, que s’illustre l’échec si prévisible de la stratégie de 20 Minutes. Cyprien Iov n’est pas une rockstar et l’érosion de l’audience du Rewind n’est pas à mettre au compte de son départ. Samuel Robbé n’est pas non plus Patrick Sabatier, capable quoi qu’il fasse de vider une case de son audience.
    Il ne faut pas chercher de solutions au mauvais problème.
    Le problème, c’est qu’on ne peut prêter que du prêt à porter. Le sur-mesure, c’est taillé pour n’aller qu’à la personne dont on a mesuré la taille, les épaules, le tour de poitrine, les bras, celle qui a passé du temps à la découpe, au filage…
    Le Rewind n’était en rien du prêt à porter. Chaque élément qui le constituait était façonné à la mesure de son animateur. Les sujets, les gags, les mouvements, sont autant de constituants propres à Cyprien qui a fait son succès.
    TF1 a remplacé Julien Courbet par Christophe Moulin. Même émission, ils ont même poussé le vice à coiffer la copie comme l’original et à lui faire travailler la même diction, les audiences ont chuté. Même tarif pour Laurence Ferrari: ils ont beau la relooker en mémère et la coiffer comme Claire Chazal: elle a perdu 10 points par rapport à son prédécesseur. Pourtant, vous l’aimiez, PPDA. Et Ferrari, vous la trouviez bonne sur Canal. Si Laurence Boccolini reprend « Que le meilleur gagne », c’est forcément pourri parce qu’on veut l’original Nagui. En revanche, personne d’autre n’aurait pu animer « Le Maillon faible ». Auriez-vous aimé la voir remplacée par Sophie Davant?
    Ce n’est pas qu’à la télévision, l’analyse vaut pour toute stratégie d’entreprise. Mon ancienne stagiaire reprend mon ancien créneau au Post: elle passe d’une audience de 5 à 3 puis à 2 chiffres. Et je ne vous parle pas des commentaires désobligeants.
    Il a fallu une bonne dose de courage ou d’insouciance à Samuel pour accepter d’enfiler le costume de Cyprien. Ni lui ni 20 Minutes n’ont pensé à ces développements.
    Pour être parfaitement honnête, lorsque 20 minutes m’a proposé de les rencontrer à propos de la suite du Rewind, je leur avait notamment fait part de cette analyse, qu’il fallait réussir une nouvelle incarnation avec un nouveau programme original. C’a n’a pas été leur choix. Mais je reste persuadé que la meilleure copie est toujours moins bonne qu’un original.

    Je souhaite à Samuel de réaliser qu’il a tout a gagner à se chercher lui-même. Il pourrait exceller, j’en suis certain.

    Chacun doit se trouver. C’est ce que le public veut voir. L’authenticité.

    Aussi couillon qu’entre un sac Vuitton et sa copie, on choisira le sac Vuitton… ou alors un Adidas.


    Un « Post » presque parfait

    mars 4th, 2010

    Il y a deux ans et demi, le Monde Interactif lançait un site tout rose où l’internaute était invité à écrire aux côtés de la rédaction. Le chef: Benoît Raphaël, qui avait réchauffé le Dauphiné Libéré (et la PQR, c’est comme la daube, c’est meilleur réchauffé, avec un peu plus d’eau et d’épices).

    benoit_raphael

    L’idée: imaginer le journalisme d’après. Enfin, de maintenant. D’il y a deux ans et demi, quoi. Par-ti-ci-pa-tif. Conjuguer les vieilles recettes traditionnelles avec le sucré, l’acidité et parfois le rance qui vient des yeux et des viscères d’un peu tout le monde. Et ça se présente comme ceci: « l’information devient une expérience. » Une formule absconse peut-être mais qui pourrait, en bannière, faire passer le blog d’un étudiant de l’ESJ pour l’oeuvre d’un futur nouvel artisan de la révolution permanente de l’exercice de la profession.

    Mais là, pas de pot pour l’étudiant de l’ESJ, c’est pris. L’info-expérience, ce sera le Post. Chacun devient l’expert de son quotidien qui peut parfois entrer en collision avec le monde. Pas de majuscules s’il vous plait.

    Mais quelques capitales. Il ne faudrait pas que les experts du quotidien soient seulement les commentateurs du blog de Jean-Marc Morandini. Les Français font blog commun et il faut bien le fournir. Benoît Raphaël recrute une rédaction périphérique de quelques signatures. Guy Birenbaum (un homme au succès reconnu au moins par lui-même mais à la valeur sûre autant que les réseaux), William Réjault (le mot précis, l’engagement bien moins mesuré), Full HD Ready (le Saint-Bernard hi-tech que chasserait bien Christine Albanel)…

    Pour « incarner » son « image », le Post investit aussi, avec « Reporters » (NT1) sur un jeune journaliste souhaité pertinent avec une pointe d’irrévérence et d’ironie qui imagine le premier journal vidéo quotidien avec un succès d’audience autant que d’estime. Vous avez reconnu les « Info du jour » de votre serviteur. Je n’en suis pas peu fier.

    Las! le programme produit en externe coûte trop cher lorsque le Post se retrouve seul à le payer. Depuis un an, c’est 20 minutes qui fait incarner son image. Et joliment.

    Depuis quelques mois, c’est Mme Michu qui parachève le portrait du Post. Benoît Raphaël s’éloigne, la rédaction s’efface pour laisser s’exprimer plus encore les « vrais gens ». Nouvelle formule, a-t-on lu.

    Quand je suis en colère contre un train en retard, je ne me défoule plus sur la pauvre fille du guichet mais sur le Post. Et c’est ce qui passe en Une. Nous sommes nombreux. Nous sommes aussi nombreux à sourire à un chat qui fait le con avec une boîte. Nombreux à faire tourner la dernière vidéo de la présentatrice qui vomit ou de ce panda si meugnon. Nombreux à donner de l’espace de cerveau disponible à des marchands qui avancent avec le masque du « buzz ». Nombreux à regarder la télévision (que le Post rediffuse). Nombreux à pester contre les radars qui flashent à 2km/h de trop.

    Le problème, c’est qu’on n’avait pas besoin du Post pour ça.

    Le problème, c’est que ça ne fait pas le « journalisme de demain ». Ça ne fait même pas le journalisme, d’ailleurs.

    C’est officiel depuis hier, Benoît Raphaël est parti. Suivi aussitôt de Guy Birenbaum. William Réjault s’est déjà barré depuis plusieurs semaines au Figaro

    Et demain? Demain, il faudra bien essayer de vendre les 3 millions de lecteurs et 1,6 millions de dettes du Post. Ce n’est pas certain qu’avec Bruno-Roger Petit en dernière vedette américaine ce soit chose aisée (Bruno-Roger Petit, c’est le monsieur qui faisait parfois le journal de la nuit sur France 2 dans les années 90, il était rebelle et très rigolo).

    Alors aujourd’hui, je souhaite bonne route à Benoît, à Guy. Et beaucoup de courage à Alexandre Piquard qui se tape l’intérim. L’intérim vers quoi, au juste?


    Message personnel

    janvier 29th, 2010


    Ruquier pompe Yann Barthes qui pompe…

    janvier 19th, 2010

    Un véritable scandale à la Une du Post aujourd’hui: Laurent Ruquier aurait pompé Yann Barthes.


    (Source: Zap-Télé / France 2)

    (Source: Arrêt sur images / Canal plus)

    Voilà, tout ça, c’était la semaine dernière.

    Et il y a 10 mois, on voyait quoi il y a 10 mois ici même? (à 00:04:00)

    Ce n’est pas la première fois que la télé pompe le net (ou remake) mais gageons qu’une bonne idée n’appartient à personne!
    A tout à l’heure pour d’autres nouvelles de la télévision.


    DNDS#5 / Daniela Lumbroso cherche son point G et Pascal Bataille est un « enculé »

    novembre 1st, 2009

    La vérité sur Bataille et Fontaine, Michel Cymès, Daniela Lumbroso qui cherche son point G, des seins animés et la call TV la plus conne, tout est dans DES NEWS DE SICARD #5.

    Gros bisous, les loulous!


    DNDS#4 / Mathieu, Péné, ses seins et Jean Sarkozy

    octobre 10th, 2009
    Quatrième épisode des News de Sicard. Pénélope se tape l’incruste.